RDC : « L’expulsion de l’ambassadeur du Rwanda n’est pas une solution, faisons confiance en la diplomatie agissante du président Félix Tshisekedi » (Solange Masumbuko)

RDC : « L’expulsion de l’ambassadeur du Rwanda n’est pas une solution, faisons confiance en la diplomatie agissante du président Félix Tshisekedi » (Solange Masumbuko)

« Nous saluons le rapport des experts de l’ONU. Il faut de sanctions contre Kigali. Mais l’expulsion de l’ambassadeur rwandais n’est pas une solution. Le Président reste engagé sur les fronts militaire et diplomatique. Faisons confiance en la diplomatie agissante du Pdt Tshisekedi », a appelé, vendredi 05 août 2022,  la députée nationale AFDC-A, Solange Masumbuko en réaction au rapport des experts de l’ONU et des appels à l’expulsion de l’ambassadeur du Rwanda en République démocratique du Congo.

D’après ce rapport rendu public, jeudi 4 août 2022, les Forces Rwandaises de défense (RDF) ont « lancé des interventions militaires contre des groupes armés Congolais et des positions des Forces armées congolaises » depuis novembre 2021.

On peut y lire que le régime de Kigali a « fourni des renforts des troupes au M23 pour des opérations spécifiques, en particulier lorsque celles-ci visaient à s’emparer de villes et de zones stratégiques » dont la cité de Bunagana, important centre commercial à la frontière Ougandaise, tombée entre les mains des « terroristes » du M23, comme le qualifie Kinshasa, le 13 juin dernier.

« A plusieurs reprises, des images aériennes ont montré de grandes colonnes comptant jusqu’à 500 hommes armés à proximité des frontières de la RDC, du Rwanda et de l’Ouganda, se déplaçant de manière très organisée et portant une tenue et un équipement militaires standardisés » uniformes et casques très similaires à ceux des RDF, accuse le rapport.

Le 25 mai, « le M23 et les RDF ont conjointement attaqué le camp des FARDC à Rumangabo », la plus grande base militaire de l’Est Congolais, indique ce rapport qui fait aussi mention de l’attaque d’une route vitale pour la capitale du Nord-Kivu.

900 à 1.000 hommes des troupes rwandaises ont « coupé la RN2 pendant plusieurs jours » puis « attaqué et (enfin) délogé les FARDC de leurs positions», pointent les experts.

Ce groupe de travail note, finalement, l’implication des forces Ougandaises, pourtant en opération conjointe avec les FARDC, dans la prise de la cité frontalière de Bunagana.

« Des témoins oculaires et des chercheurs ont rapporté une complaisance passive, a minima, de l’armée ougandaise à la frontière, qui a permis aux combattants du M23 de traverser la frontière ».

Le rapport affirme, par ailleurs, qu’environ 300 militaires Rwandais ont mené, entre fin mai et début juin 2022, sur le sol Congolais, des opérations contre des groupes armés Hutu dont les forces démocratique pour la libération du Rwanda (FDLR), un groupe armé créé par d’anciens d’anciens caciques du régime accusés du génocide des Tutsi.

En réaction, le ministre porte-parole du gouvernement de la RDC salut un rapport qui devait être publié plus tôt.

« Le rapport de l’ONU sur l’agression par le Rwanda aurait dû être publié plus tôt. On aurait voulu que ce rapport puisse être publié plus tôt. Il nous aurait évité les morts que nous avons déploré la semaine dernière parce que cela est, entre autres, dû au fait que la population qui voyait le Rwanda opérer à travers le M23, n’entendait pas la MONUSCO le dire et le dénoncer », réagit le porte-parole du gouvernement Congolais, Patrick Muyaya, après qu’un rapport, encore confidentiel, d’un groupe d’experts missionnés par l’ONU, ait confirmé que « les attaques du Mouvement rebelle défait en 2013, sont l’œuvre des forces Rwandaises de défense ».

« Maintenant que cela est fait, nous espérons que les organes habilités, notamment le Conseil de sécurité, vont en tirer les conséquences »,  ajoute le ministre de la Communication et des Médias.

« Mais ce que nous souhaitons et le plus rapidement possible, c’est le retour de la paix dans le Rutshuru et le retrait du M23 de toutes les localités occupées ».

Rapporteure du groupe parlementaire AFDC-A, Solange Masumbuko soutient l’idée d’une table ronde sécuritaire entre mettant au prise, le gouvernement, l’armée, la société civile et les autres partenaires internationaux notamment la Monusco et l’Union européenne.


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